L’Europe seule peut nous donner une capacité d’action dans le monde, face aux grands défis contemporains.
Méthodes
Diagnostic
Une Union économique insuffisamment coordonnée
La crise de 2008 a permis de noter la faiblesse individuelle des pays face à des crises d’ampleur mondiale mais aussi la faiblesse et la lenteur de la réponse de l’Union européenne et de sa banque, la Banque Centrale Européenne, vis-à-vis de ces problématiques majeures.
C’est pourquoi nous avons besoin de davantage d’investissements, il nous faut des moyens de stabilisation face aux chocs économiques, un État ne peut pas seul faire face à une crise lorsqu’il ne décide plus de sa politique monétaire.
Un manque de solidarité
Le Président Macron dit vouloir que nous retrouvions, par la réconciliation d’une Europe qui sait conjuguer à nouveau la responsabilité et la solidarité, la force d’une souveraineté qui ne soit pas que nationale mais bien européenne. Cela semble souligner la difficulté que connaît actuellement l’Union européenne : tous les États semblent chercher à en tirer des avantages tout en rejetant sur l’Union Européenne les causes des dysfonctionnements. Ce climat de défiance amène à un rejet de l’idée d’une mutualisation des ressources avec des pays qui refusent de supporter le risque financier pour d’autres.
Un déficit de puissance
L’ordre mondial nouveau du XXIème siècle est celui d’une bipolarité entre la Chine et les États-Unis sous fond de nouvelles technologies, comme le remarque le président de la République : La bonne échelle est l’échelle européenne ! Notre souveraineté européenne est ce qui nous permettra d’avoir des champions du numérique, de construire une économie forte, et faire une puissance économique dans ce monde qui change.
L’enjeu est de saisir l’incapacité des pays à répondre, seuls à ces super puissances économiques. En effet, seule une véritable souveraineté européenne est à même de lutter face à cette compétition qui autrement, ne peut qu’être inégale. L’Union européenne s’impose donc comme la seul alternative envisageable.
Une Union incomplète
Il est aujourd’hui communément admis que la souveraineté économique de l’Union, au-delà de l’Union monétaire qu’a permis l’euro, ne se fera qu’à l’horizon de véritables unions fiscales, budgétaires et bancaires.
En l’absence de cette convergence, la politique monétaire menée par la Banque Centrale Européenne ne peut être coordonnée avec les politiques budgétaires des différents États membres. L’Europe se prive ainsi d’un instrument précieux de régulation des chocs économiques.
La volonté d’Emmanuel Macron est de doter l’Union européenne des armes nécessaires afin d’avoir une stratégie économique et politique dans la durée [permettant de] résoudre ce que depuis dix ans nous échouons à faire, c’est-à-dire de créer de l’emploi et de faire qu’une génération, celle de la jeunesse actuelle, ne soit pas une génération vouée au chômage par nos dysfonctionnements, par nos déséquilibres !.
Action
CE QUI A ÉTÉ FAIT
Angela Merkel et Emmanuel Macron ont annoncé qu’au cours du Conseil européen du 14 décembre, les 27 chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne se sont entendus sur une réforme de la zone euro, y compris sur un budget de la zone euro.
Il doit y avoir un budget de la zone euroa ainsi lancé historiquement la chancelière allemande lors d’une conférence de presse à l’issue du sommet de l’UE à Bruxelles.
Comme l’a souligné le chef de l’État : Il y a un an beaucoup considéraient que c’était impossible, mais la France a réussi à convaincre les 19 pays membres de la zone à savoir ses partenaires les plus réticents.
Toutefois, il a admis que ce n’était pas la fin de l’histoire [car] il n’y a pas 100% du projet. C’est pour cela que si avoir créé un accord politique est déjà bien, le président continue de porter des mesures encore plus fortes.
CE QU’IL RESTE À FAIRE
Un véritable budget européen
Car nous avons besoin de convergence et de stabilité, il faut une plus forte coordination de nos politiques économiques et un budget commun.
En effet, au regard des multiples enjeux auxquels nous sommes confrontés – sécurité, protection face aux migrations, transition numérique, transition écologique, politique de développement et de partenariat– et si on veut réduire les divergences et développer nos biens communs, nous nous devons de les financer, et ainsi s’orienter vers la construction d’un véritable budget européen.
A ces fins, Emmanuel Macron a proposé de munir l’Union européenne d’un budget d’investissementqui serait sanctuarisé afin d’éviter que les dépenses publiques ne baissent drastiquement lors des chocs économiques et financiers.
Emmanuel Macron a aussi proposé de doter l’Union d’un mécanisme européen de stabilité afin de se prémunir contre d’éventuelles nouvelles crises de liquidité.
Cette ambition repose sur le constat déjà évoqué de l’incapacité des États à répondre individuellement aux enjeux mondiaux auxquels les pays européens font face. Comme le dit le président de la République : l’Europe seule peut nous donner une capacité d’action dans le monde, face aux grands défis contemporains, comme celui d’un montant de 500 Milliard d’euro établi lors de la crise financière de 2008 par le FMI ( Fonds monétaire international ) et la BCE ( Banque centrale européenne ).
Un budget assuré par une plus forte solidarité fiscale
C’est pour cela qu’un budget de la zone euro reposerait, en plus des taxes existantes, sur de nouvelles taxes et ce, sans pour autant que la fiscalité des États de la zone euro ne soit alourdie. Ainsi, et s’il considérait nécessaire d’affecter en partie […] l’impôt sur les sociétés une fois son harmonisation réalisée, les taxes européennes dans le domaine numérique ou environnemental pourront constituer une vraie ressource européenne finançant des dépenses communes.
La création d’un Parlement et d’un Ministère des Finances de la Zone Euro
Afin d’assurer une véritable coordination, le budget doit, selon Emmanuel Macron, s’accompagner d’un Ministre commun des Finances. Comme il l’a dit : un budget ne peut aller qu’avec un pilotage politique fort par un ministre commun et un contrôle parlementaire exigeant au niveau européen, et aller au delà du projet actuel de l’Eurogroup du conseil européen.
Il s’agit donc, par ces institutions nouvelles, de pallier le manque de transparence et de démocratie dont est souvent accusée l’Europe.
Toutefois, considérant qu’il faut une compétence parlementaire sur la question mais afin d’éviter un empilement bureaucratique, une formation « zone euro » du Parlement européen pourrait être mise en place.
Il faut toutefois admettre, au regard du Conseil européen de décembre, que ces propositions ont, pour le moment, été écartées du débat.
Toutefois, et comme le rappelle l’Élysée : Faire des compromis, ce n’est pas ravaler ses ambitions. Ainsi, auréolée d’un premier succès, la France continuera, au cours de la présidence d’Emmanuel Macron de porter l’ambition d’une Europe plus forte et unie, capable de lutter face aux mastodontes économiques chinois et américains et de protéger ses citoyens en cas de nouvelle crise, par un mécanisme européen de stabilité définitif dirigé par une institution européenne.
A partir des travaux de l’économiste hongrois Bela Balassa, on distingue traditionnellement cinq degrés d’intégration économique :
La zone de libre-échange : Suppression des barrières douanières entre les Etats membres
L’union douanière : Suppression des barrières douanières et instauration d’un tarif extérieur commun
Le marché commun : Union douanière et libre circulation des facteurs de production (travail et capital)
L’union économique : Marché commun et mise en place de politiques communes
L’union économique et monétaire : Union économique et mise en place d’une monnaie unique
Chaque pas en avant vers l’intégration économique incite à franchir le pas suivant. C’est pourquoi l’existence d’une monnaie unique pousse à la création d’un budget commun, afin de permettre une véritable cohérence dans les politiques conjoncturelles menées par l’Union européenne.