LE REJET D’UNE EUROPE UNIQUEMENT ÉCONOMIQUE
LA DÉNONCIATION D’UNE EUROPE INSUFFISAMMENT ENGAGÉE POUR SES CITOYENS
Du 7 avril au 13 mai 2018, durant la Grande Marche pour l’Europe, des Français sont allés frapper à 230,000 portes et ont fait remplir 80,000 questionnaires. Plus de 85% des personnes interrogées avouaient alors être préoccupées par la faible part accordée au social par l’Union Européenne.
C’est ainsi qu’il était ressorti de cette grande consultation que : « Les citoyens consultés souhaitent que l’Europe s’implique davantage pour lutter contre le chômage et faire repartir la croissance. »
FAIRE DE LA PROTECTION SOCIALE UNE PRIORITÉ DE L’UNION
La protection sociale n’est pas une compétence de l’Union européenne, les Etats sont souverains dans la définition de leur politique sociale. C’est pourquoi, aujourd’hui, l’Europe se cantonne à mettre en place des projets de faible envergure.
Or, l’intervention de la puissance européenne pourrait permettre de résoudre nombre de questions sociales dans l’Europe et pourrait relégitimer l’action de l’Union Européenne. C’est pour cette raison que le président de la République souhaite que la protection sociale soit au coeur de l’action européenne.
CESSER D’OPPOSER PROTECTION SOCIALE ET COMPÉTITIVITÉ
DES TRAVAILLEURS EUROPÉENS FACE AU DUMPING SOCIAL
Aujourd’hui, l’Union défend insuffisamment les travailleurs européens confrontés à la réalité du dumping social mis en place par les pays à la législation du travail la plus souple. En pratique, le dumping social consiste à employer des travailleurs étrangers à un salaire bien inférieur au salaire habituel. Il est pratiqué par des entreprises qui profitent des divergences entre les différentes législations du travail.
Le “dumping social” a des conséquences diverses. Cette pratique encourage les délocalisations d’entreprises industrielles vers des pays où le coût du travail est moindre. Cela engendre, d’une part, une hausse du chômage dans les pays développés et d’autre part, une précarisation des travailleurs détachés dans les secteurs d’emplois peu qualifiés.
En l’état actuel des choses, un employeur peut créer une société fantôme dans un pays A où les minimas sociaux sont très faibles, afin d’y employer des travailleurs qu’il enverra travailler dans le pays B où l’employeur aura payé davantage de cotisations et de charges sociales.
C’est pourquoi Emmanuel Macron prône que nous puissions définir une vraie convergence sociale et rapprocher progressivement nos modèles sociaux
considérant même que cela serait profondément compatible avec notre compétitivité mondiale.
En atteste d’ailleurs le fait que les pays ayant délaissé la protection sociale pour la seule compétitivité, comme les Etats-Unis ou le Royaume-Uni, sont aujourd’hui confrontés à de graves problèmes politiques.
Comme le note le président de la République : Partout où les démocraties ont été au bout de cette ambition unique pour une compétitivité sans justice, elles en ont touché les limites.
Ainsi, l’absence d’ambition sociale au profit des seules ambitions économiques, a engendré une distanciation entre l’Union et les citoyens européens.
