La coopération franco-allemande
C’est dans le but de tourner la page de nombreuses années de guerre que le Traité de l’Elysée a été conjointement adopté par la France et l’Allemagne, en 1963. Cette coopération franco-allemande, nous en voyons les effets au quotidien : jumelage de nombreuses villes, écoles, régions, universités ; participation de nombreux jeunes à des échanges entre nos deux pays. La coopération franco-allemande concerne des domaines aussi variés que la culture (création de la chaîne de télévision Arte en 1991), les télécommunications ou l’aérospatial – avec la création de l’EADS en 2000, groupe industriel européen, leader de l’aéronautique et de l’espace en Europe.
Un partenariat commercial en déclin
L’Allemagne reste le premier partenaire commercial de la France. En revanche, pour la première fois depuis 40 ans, la France n’est plus le premier partenaire commercial de l’Allemagne : elle a été détrônée par les États-Unis. La faiblesse du dollar américain par rapport à l’euro et la crise économique qui persiste en France en sont les causes. Ainsi, et afin de restaurer un cadre économique favorable aux échanges, Emmanuel Macron a émis la volonté de « restaurer la confiance avec les Allemands en faisant des réformes sérieuses ».
Des épreuves en commun
Avec le Brexit, la montée des populismes dans de nombreux pays de l’Union européenne et l’élection de gouvernements contestataires et eurosceptiques, en Italie notamment, l’Europe est confrontée à sa propre fracture : d’un côté les Pays de l’Est (Hongrie, Pologne) et l’Italie et de l’autre côté des pays gouvernés par des mouvements progressistes ou favorables à plus d’intégration européenne : la France, l’Allemagne, l’Espagne, les pays scandinaves…
Ainsi, à l’aube des élections européennes de 2019, nombreux sont les défis qui menacent l’avenir européen. En atteste le futur des discussions sur le Brexit qui reste incertain et la crise migratoire qui, par manque d’unité, reste irrésolue.
Le couple franco-allemand apparaît fragilisé par cet ensemble d’épreuves et la réforme européenne voulue par Emmanuel Macron, conjointement à l’Allemagne, passe donc nécessairement par plus d’intégration au niveau du budget de la zone Euro et l’avènement d’une « Europe qui protège ».
Ce qui a été fait
Un nouveau traité de l’Élysée : le traité d’Aix-la-Chapelle
Afin d’ approfondir encore la coopération
entre les deux pays et donner une nouvelle impulsion
au couple franco-allemand, Angela Merkel et Emmanuel Macron ont signé à Aix-la-Chapelle, le 22 janvier 2019, un nouveau traité sur la coopération et l’intégration franco-allemandes
.
Le nouveau traité a pour but d’approfondir l’intégration
des deux économies, en encourageant notamment une harmonisation des législations et en [renforçant] les liens
entre les deux société civiles.
Le traité ayant fait l’objet de nombreuses fake news – notamment sur la supposée vente de l’Alsace-Lorraine à l’Allemagne -, Emmanuel Macron a rétorqué que : Ceux qui caricaturent ou répandent le mensonge font mal à notre Histoire et à nos peuples qu’ils prétendent défendre en voulant faire bégayer nos histoires
.
Ce que nous devons faire
Une intégration européenne plus poussée et relancée par le couple franco-allemand
Lors de son discours à la Sorbonne, M. Macron a fait le pari d’une Europe forte, progressiste et plus intégrée. Il a esquissé plusieurs axes de progression, sur lesquels le couple franco-allemand sera décisif. Nous voulons une Europe plus unie, plus efficace, plus protectrice, plus démocratique, qui s’affirme dans le monde et qui défend ses valeurs
. La France a besoin de l’Allemagne mener à bien ces projets-là.
Une défense commune
Le premier axe est celui d’une Europe renforcée sur les questions de défense, avec une force commune d’intervention
, un budget de défense commun
, une doctrine commune et l’accueil de volontaires de plusieurs pays européens dans l’armée française
. L’Allemagne semble partager ces convictions, Angela Merkel ayant énoncé sa volonté d’une Europe indépendante et autonome sur les questions de défense vis à vis des Etats-Unis.
Emmanuel Macron a également émis l’ambition de la création d’ une vraie armée européenne
, position défendue aussi par la Chancelière qui a appelé à élaborer une vision nous permettant d’arriver un jour à une véritable armée européenne
.
Un couple au coeur de la réforme de la zone euro
Le second axe est la réforme de la zone euro. Le Président de la République a fait part de la nécessité d’accroître l’intégration, notamment en dotant l’Union européenne d’un véritable budget de la zone euro
. Malgré la réticence allemande, M. Macron a réussi à convaincre Angela Merkel, qui s’est déclarée favorable à la proposition française de doter la zone euro d’une capacité budgétaire
. Les deux pays se sont ainsi accordés sur la dotation d’un budget propre à la zone euro à partir de 2021.
Cette idée se couple à la mise en place d’un véritable ministre des Finances de la zone Euro
, geste jugé nécessaire par Emmanuel Macron pour aller plus loin dans l’intégration européenne mais qui fait aujourd’hui face à l’opposition de l’Allemagne.
Le président Emmanuel Macron et la chancelière Angela Merkel ont, par ailleurs, décidé de mettre en place à ce même horizon un filet de sécurité (“backstop”), qui pourrait être activé en dernier ressort en cas de faillite bancaire.
L’accord sur la politique d’accueil des réfugiés
Le dernier axe correspond à la question de la solidarité, valeur cardinale de la France. Ainsi, sur la question migratoire, M. Macron a lancé un appel, partagé avec l’Allemagne, pour plus de solidarité européenne et un partage équitable des migrants. On manque à la fois d’efficacité et d’humanité
a constaté le président de la République. L’objectif est donc d’harmoniser les procédures, mettre en place des fichiers interconnectés et des documents d’identité biométriques sécurisés. Par ailleurs, la solidarité s’est aussi traduit par le fait qu’Angela Merkel et Emmanuel Macron se sont mis d’accord sur un soutien financier aux pays d’accueil des migrants.
