Liberté, protection, progrès. Nous devons bâtir sur ces piliers une Renaissance européenne. Nous ne pouvons pas être les somnambules d'une Europe amollie.
Le discours de la Sorbonne prononcé par Emmanuel Macron le 26 Septembre 2017 porte l’ambition d’un progressisme de combat en faveur de la promesse européenne de paix, de prospérité et de liberté.
Venu pour parler d’Europe, le Président de la république a rappelé l’importance de l’idée d’un progrès lucide comme élément moteur du projet des pères fondateurs de l’Union. Une phrase de Jean Monnet symbolise cet élan progressiste : notre combat est bien là, c’est notre histoire, notre identité, notre horizon, ce qui nous protège et ce qui nous donne un avenir.
Comme le résume le président de la République : L’Europe est une idée. Une idée portée depuis des siècles par des pionniers, des optimistes, des visionnaire.
UNE MENACE PESANT SUR L’ÉQUILIBRE EUROPÉEN
Le combat pour la prospérité et la paix est au coeur du projet européen :Ensemble, nous avons surmonté l’épreuve sans jamais en oublier les leçons. L’idée a triomphé des ruines. Le désir de fraternité a été plus fort que la vengeance et la haine .
Aujourd’hui, de l’Italie à la Hongrie, le retour de discours centrés sur le nationalisme, l’identitarisme, le protectionnisme, le souverainisme de repli fragilise l’idéal de progrès commun porté par l’Europe. Le président de la République a souligné l’importance de la bataille pour l’unité face aux multiples formes du repli sur soi aujourd’hui. Comme l’affirme le chef de l’État nous avons oublié de défendre l’Europe, nous avons oublié de proposer pour l’Europe, nous avons laissé s’installer le doute !
Ainsi, et bien que jamais depuis la Seconde Guerre mondiale l’Europe n’a été aussi nécessaire, jamais l’Europe n’a été autant en danger.
Action
Six combats à mener pour une véritable Renaissance européenne.
PROMOUVOIR UNE CULTURE EUROPÉENNE DE LA DÉFENSE ET DE LA SÉCURITÉ
A ces fins, un traité de défense et de sécurité devra définir nos obligations indispensables, en lien avec l’OTAN et nos alliés européens.
L’ambition de ce traité sera claire : l’augmentation des dépenses militaires notamment au travers de la création d’un Fonds européen de défense, une clause de défense mutuelle rendue opérationnelleet la création d’un Conseil de sécurité européen associant le Royaume-Uni pour préparer nos décisions collectives.
APAISER LES TENSIONS MIGRATOIRES TOUT EN RENFORÇANT LA SÉCURITÉ FRONTALIÈRE
Pour Emmanuel Macron assurer notre souveraineté, à l’échelle européenne, c’est maîtriser nos frontières en préservant nos valeurs.
Afin d’être à la hauteur de ces ambitions, il s’agira de mettre en place une police des frontières commune et un office européen de l’asile.
Par eux devra s’instituer une véritable solidarité européenne à laquelle chaque pays contribuera sous l’autorité d’un Conseil européen de sécurité intérieure.
Toujours afin de répondre à l’enjeu migratoire, Emmanuel Macron souhaite développer la coopération avec les principaux pays de départ et de transit des migrants, et plus particulièrement ceux qui se trouvent en Afrique. En effet, une Europe qui se projette dans le monde doit être tournée vers l’Afrique, avec laquelle nous devons nouer un pacte d’avenir.
RELEVER COLLECTIVEMENT LE DÉFI ÉCOLOGIQUE
Le président pense l’Europe comme devant être la clé de voûte d’une transition écologique efficace et équitable.
A cette fin, L’Union européenne doit fixer son ambition : 0 carbone en 2050 et division par deux des pesticides en 2025.
Pour mener à bien ce combat vital, l’Union européenne doit se doter des armes nécessaires. Le président les a défini : une banque européenne du climat pour financer la transition écologique, une force sanitaire européenne pour renforcer les contrôles de nos aliments et une évaluation scientifique indépendante des substances dangereuses pour l’environnement et la santépour lutter contre la menace des lobbies.
Ainsi, et dès demain, toutes nos institutions doivent avoir le climat pour mandat.
UNE EUROPE À LA POINTE DES ENJEUX NUMÉRIQUES
Pour Emmanuel Macron la transformation numérique, ce n’est pas un secteur d’activité, ce n’est pas une anecdote contemporaine et l’Europe a beaucoup à y perdre comme à y gagner.
Pour relever ce défi, il est primordial de fonder une Agence européenne pour le numérique afin de réguler les grandes plateformes numériques et de garantir la protection des données personnelles de l’ensemble des citoyens européens.
Donc, afin d’être à la hauteur de l’enjeu de la révolution numérique, l’Union européenne doit répondre à deux exigences : la sécurité des utilisateurs et la liberté des opérateurs européens. Il s’agit donc, tout à la fois, de réguler les géants du numérique en créant une supervision européenne des grandes plateformes et de financer l’innovation endotant le nouveau Conseil européen de l’innovation d’un budget comparable à celui des Etats-Unis, pour prendre la tête des nouvelles ruptures technologiques, comme l’intelligence artificielle.
RENFORCER L’UNION COMME PUISSANCE ÉCONOMIQUE, MONÉTAIRE ET FINANCIÈRE
Au regard des multiples enjeux évoqués plus tôt et si on veut réduire les divergences et développer nos biens communs, nous nous devons de les financer, et ainsi s’orienter vers la construction d’un véritable budget européen.
A ces fins, Emmanuel Macron a proposé de munir l’Union européenne d’un budget d’investissement qui serait sanctuarisé afin d’éviter que les dépenses publiques ne baissent drastiquement lors des chocs économiques et financiers.
Cette ambition repose sur le constat déjà évoqué de l’incapacité des États à répondre individuellement aux enjeux mondiaux auxquels les pays européens font face. Comme le dit le président de la République : l’Europe seule peut nous donner une capacité d’action dans le monde, face aux grands défis contemporains.
Afin d’accroître la solidarité entre les différents États membres, ce budget de la zone euro reposerait, en plus des taxes existantes, sur de nouvelles taxes et ce, sans pour autant que la fiscalité des États de la zone euro ne soit alourdie. Ainsi, et s’il considérait nécessaire d’affecter en partie […] l’impôt sur les sociétés une fois son harmonisation réalisée , les taxes européennes dans le domaine numérique ou environnemental pourront constituer une vraie ressource européenne finançant des dépenses communes.
Il s’agit, par ces mesures, de renforcer la Zone euro car, comme le note le président de la République :Comment résisterions-nous aux crises du capitalisme financier sans l’euro, qui est une force pour toute l’Union ?
Aujourd’hui, la Commission européenne fait figure d’organe exécutif de l’Union Européenne. Or, chaque État membre désignant un Commissaire européen, il en résulte une Commission large, sans véritable cohérence d’ensemble. C’est pourquoi le président français défend l’idée de ne plus continuer avec une Commission à près de 30 membres, comme si chacun devait veiller aux intérêts de son pays. Il porte ainsi le projet d’une Commission de 15 membres, encourageant notamment les pays fondateurs de l’UE à montrer la voie en renonçant à leur commissaire.
Le renouveau démocratique européen passe aussi par l’implication de ses citoyens. Il est toutefois impératif que ce débat puisse s’émanciper des questions nationales pour devenir véritablement européen. Comme l’explique Nathalie Loiseau, ministre chargée des affaires européennes : Trop souvent, les élections européennes se réduisent à un vote d’adhésion ou de sanction des politiques nationales, ou, au mieux, à une discussion de politique étrangère. Afin d’y remédier, le Chef de l’Etat a défendu pour les élections européennes, la constitution des listes transnationales, c’est-à-dire des listes regroupant des candidats au Parlement Européen provenant de plusieurs pays de l’Union européenne.
Finalement, et afin de défendre cette démocratie européenne, le président de la République propose que soit créée une Agence européenne de protection des démocraties qui fournira des experts européens à chaque Etat membre pour protéger son processus électoral contre les cyberattaques et les manipulations, qu’elles soient au travers du financement électoral ou de la propagation des fake news.
Si je prends la liberté de m’adresser directement à vous, ce n’est pas seulement au nom de l’histoire et des valeurs qui nous rassemblent. C’est parce qu’il y a urgence. Dans quelques semaines, les élections européennes seront décisives pour l’avenir de notre continent.
Jamais depuis la Seconde Guerre mondiale, l’Europe n’a été aussi nécessaire. Et pourtant, jamais l’Europe n’a été autant en danger.
Le Brexit en est le symbole. Symbole de la crise de l’Europe, qui n’a pas su répondre aux besoins de protection des peuples face aux grands chocs du monde contemporain. Symbole, aussi, du piège européen. Le piège n’est pas l’appartenance à l’Union européenne ; ce sont le mensonge et l’irresponsabilité qui peuvent la détruire. Qui a dit aux Britanniques la vérité sur leur avenir après le Brexit ? Qui leur a parlé de perdre l’accès au marché européen ? Qui a évoqué les risques pour la paix en Irlande en revenant à la frontière du passé ? Le repli nationaliste ne propose rien ; c’est un rejet sans projet. Et ce piège menace toute l’Europe : les exploiteurs de colère, soutenus par les fausses informations, promettent tout et son contraire.