Souveraineté, démocratie, culture, ce sont les trois espérances que je veux offrir à la jeunesse d’Europe, qu’elle s’en empare, qu’elle se les approprie.
Méthodes
Diagnostic
La communauté des jeunes européens portée par le succès d’Erasmus
Créé en 1987, le programme Erasmus est emblématique de l’action de l’Union européenne dans les domaines de l’éducation et de la mobilité. Il est un outil, un pilier central de la communauté européenne en permettant à des jeunes d’avoir, au cours de leurs études, une expérience universitaire et culturelle à l’étranger, dans le cadre de partenariats entre Etats. La circulation des étudiants leur permet de prendre conscience du pacte commun européen, du lien très fort tissé entre tous les citoyens européens, de la civilité commune d’une Europe des cafés, des débats, des universités, du conflit d’idées, de l’opposition d’idées qui refuse la violence […] mais qui croit à la force de la vérité parce qu’elle croit à la force de la confrontation démocratique des idées.
Erasmus repose sur la reconnaissance des périodes d’études et des diplômes, l’octroi d’aides financières et d’hébergement, ainsi que la simplification des démarches administratives (par exemple, l’inscription dans l’université d’accueil). C’est un capital culturel qui contribue à renforcer les échanges entre les Etats européens. Comme le dit Emmanuel Macron, citant Érasme, cela a permis à la jeunesse européenne de parcourir le continent pour apprendre d’autres langues.
Le programme permet surtout, pour les jeunes Erasmus, notamment dans la poursuite de leurs études ou dans leur recherche d’emploi, une aide multiple et essentielle. Entre 1987 et 2013, plus de 3 millions de jeunes ont profité du programme qui n’a eu de cesse d’évoluer. En effet, depuis sa création, il s’est ouvert à différents publics, notamment les personnels de l’enseignement supérieur. Depuis 2007, il permet aussi aux étudiants d’effectuer un stage en entreprise. Il a fait émerger des programmes de coopération universitaire à l’international (Tempus, Erasmus mundus). Il a aussi été décliné sous la forme de programmes permettant la mobilité des scolaires (Comenius), celle des candidats à la formation professionnelle (Leonardo) et celle des adultes (Grundtvig).
C’est à ce ce titre qu’Emmanuel Macron considère qu’Erasmus est la dernière initiative de grande ampleur forgeant une identité pour les nouvelles générations.
Une politique confrontée à des inégalités d’accès pour les jeunes
Si Erasmus a déjà changé la vie de beaucoup d’européens, un effort de démocratisation du dispositif apparaît nécessaire pour le rendre plus accessible. L’un des principaux freins reste sa complexité de mise en œuvre et la multiplicité des programmes. L’ensemble est perçu comme un facteur de découragement pour une majeure partie des candidats. Seulement 5% d’étudiants Erasmus pour une même classe de diplômés ont pu exercer une mobilité géographique.
Certaines destinations sont plus prisées que d’autres (Espagne, Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie) et les Espagnols, les Français, les Allemands ,les Polonais ont été les plus nombreux à partir.
En outre, le coût du séjour est problématique. Le montant mensuel de la bourse (environ 270€) ne couvre pas l’ensemble des dépenses.
Pour autant, et malgré ces nécessités de démocratisation, les retombées du programme sont prometteuses. C’est un programme vecteur d’internationalisation des établissements nationaux et dont la vocation est de créer un espace européen de l’enseignement supérieur. A ce titre, le programme permet la modernisation des établissements et des politiques éducatives. En facilitant le travail d’ouverture à d’autres cultures, Erasmus contribue à donner du sens à la notion de citoyenneté européenne. Enfin, le programme Erasmus participe à l’amélioration du niveau de la langue, ce qui constitue l’un des principales motivations pour partir étudier à l’étranger.
Un renforcement du programme Erasmus au niveau européen et français
Pour faire d’Erasmus un catalyseur de mobilité, et afin que la jeunesse s’impose comme la force d’âme de cette brèche ouverte il y a 70 ans, la Commission européenne a rassemblé l’ensemble des dispositifs en matière d’éducation, de formation, de jeunesse et de sport sous le programme Erasmus+. Celui-ci regroupe tous les anciens programmes européens (Comenius, Erasmus, Erasmus Mundus, Leonardo da Vinci, Grundtvig, etc.) et intègre désormais un volet “Sport”.
Le programme Erasmus+ est doté d’un budget de 14,7 milliards d’euros sur 7 ans soit 40% de plus que les précédents programmes, et qui pourrait passer à 30 milliards au total pour la période 2021-2027, comme le demande la Commission Européenne. L’objectif est de permettre à 4 millions de jeunes européens de se former, d’acquérir une expérience professionnelle ou de travailler à l’étranger d’ici 2020. La mobilité est renforcée grâce à deux mesures : d’une part, la mise en place d’une caution de prêts qui aide les étudiants en master à financer leurs études à l’étranger. D’autre part, 150 alliances de la connaissance, c’est-à-dire des partenariats entre les établissements de l’enseignement supérieur et des entreprises, seront conclus pour promouvoir la créativité, l’innovation, et l’esprit d’entreprise. Il s’agit d’offrir de nouvelles possibilités d’apprentissage et de nouvelles qualifications.
De même, 150 alliances sectorielles pour les compétences viseront à promouvoir l’employabilité et pallier le déficit de compétences en créant des programmes par secteurs d’activité et en élaborant des méthodes innovantes d’enseignement professionnel. En France, la loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel, promulguée le 5 septembre 2018, a ouvert la possibilité pour les apprentis d’effectuer un séjour Erasmus dans le cadre de leur formation. Cette formation des apprentis à l’étranger se veut garante d’une meilleure insertion des jeunes en apprentissage et d’une meilleure valorisation de leurs acquis professionnels. En ce sens, elle s’inscrit dans les objectifs du programme Erasmus+ de valorisation des compétences professionnelles à l’étranger.
Ainsi, l’ambition du président de la République est d’aller vers une montée en puissance de la jeunesse européenne. C’est une philosophie du lien social et culturel qu’il entend défendre par et pour la jeunesse : les échanges étudiants sont une clé essentielle, la circulation de notre jeunesse doit se faire plus vive encore, les échanges académiques, l’apprentissage de nos langues réciproque.
Ce qu’il reste à faire
Porter à l’échelle européenne les initiatives de la France en faveur de la jeunesse
Le discours de la Sorbonne du Président de la République porte en lui les jalons d’une politique culturelle à soutenir au niveau européen car, selon lui, le ciment le plus fort de l’Union sera toujours la culture et le savoir.
En effet, les fragmentations culturelles ne sont que superficielles. En réalité, elles sont une chance à saisir pour l’Europe. Le multilinguisme est une opportunité à transformer en atout. C’est pour cela que le Président de la République souhaite qu’au sein de l’Europe, l’ensemble des étudiants soit en mesure de parler au moins deux langues européennes d’ici 2024. De même, 50% d’une classe d’âge, devra, avant ses 25 ans, avoir passé au moins 6 mois dans un autre pays européen, qu’ils soient étudiants ou apprentis.
Par ailleurs, afin de renforcer les liens culturels entre nos pays et afin promouvoir l’ambition communautaire, Emmanuel Macron propose la création d’universités européennesqui seront un réseau d’universités de plusieurs pays d’Europe, mettant en place un parcours où chacun de leurs étudiants étudiera à l’étranger et suivra des cours dans deux langues au moins. Ces universités seront aussi des lieux d’innovation pédagogique, de recherche d’excellence.Une vingtaine de ces universités seront créées d’ici 2024.
Enfin, dans un souci d’égalité de tous les jeunes et pour favoriser la continuité des parcours, les transitions, les passerelles, entre le secondaire et l’enseignement supérieur, le président aimerait un engagement de tous les pays européens dans un processus d’harmonisation ou de reconnaissance mutuelle de diplômes de l’enseignement secondaire. Comme nous l’avons fait, justement, pour les étudiants avec le processus de Bologne.